Assemblée générale du 8 juin 2009
L’actualité des deux dernières années nous a donné de multiples occasions de réfléchir aux excès de l’économie actuelle et à ce que pourrait apporter à la société la prise en compte de principes éthiques dans les entreprises.
Activité de l’année 2008-2009
La journée sur la Charte que nous venons de vivre avec vous est un des résultats de la réflexion que le Conseil d’administration a menée. Comme je vous l’avais annoncé en juin 2008,l’actualisation des vingt critères est un travail qui nous tenait à cœur et que nous avions commencé dès l’année dernière. Le groupe de travail composé d’administrateurs s’est réuni une dizaine de fois pour en affiner le contenu et la rédaction. Nous avons soumis ensuite la Charte à une dizaine de personnalités familières de l’ISR et avons corrigé certains de nos chapitres en fonction de leurs remarques.
L’apport des intervenants et de chacun des participants à la journée va permettre de finaliser la présentation et l’explication des principes. Notre objectif est de faire de cette charte un outil de référence pour nos adhérents dans leurs choix d’investissement, un outil de travail pour les gérants de portefeuille et le cadre des exigences qui sont les nôtres vis-à-vis des entreprises.
L’organisation de manifestations nous permettant d’éclairer notre/votre réflexion sur l’éthique dans les investissements financiers et dans les entreprises a étél e second axe des travaux menés par le conseil d’administration.
La réflexion qui avait précédé l’assemblée générale de juin 2008 avait porté sur des entreprises du secteur tertiaire : les entreprises de publicité. Las ynthèse des interventions est parue dans la lettre n° 23 qui est datée de juillet 2008.
La journée organisée en novembre 2008 a porté sur une autre activité du secteur tertiaire : l’assurance. Les interventions nous ont permis de mieux comprendre ce secteur complexe et de nous interroger sur son rôle important d’investisseur. Deux critères de choix d’investissement dans ce secteur m’ont paru ressortir de la journée : la capacité de création de produits adaptés aux populations les plus démunies et la mise en place d’une gestion financière socialement responsable. Nous avons publié en janvier la lettre n° 24 qui résumait les interventions de la journée.
Ensuite,nous avons organisé en février, une conférence sur la Crise financière avec l’intervention de deux économistes Martine Aubert et Thierry Philiponnat et du Père Jacques Turck, secrétaire général de la Commission sociale de la Conférence des évêques de France. Le sujet était d’actualité et les interventions ont passionné le public venu nombreux. C’était la première fois, il me semble,que l’association organisait une conférence le soir et il s’est avéré que cette formule nous permettait d’atteindre un public qui peut difficilement se libérer pour une journée complète. Un compte rendu d’une partie des interventions a été mis sur le site Internet de l’association.
En Mars, a été organisée une nouvelle journée de réflexion qui a porté sur les impacts économiques et sociaux de l’évolution de la population mondiale avec un panorama général, très documenté comme d’habitude, d’Aurélie Baudhuin et des interventions passionnantes de René Valette, géographe et économiste, qui a émaillé ses explications d’anecdotes vécues tirés de ses nombreux voyages. Nous avons prévu de publier le compte rendu de la journée du 24 mars en même temps que le compte rendu de la journée d’aujourd’hui dans la lettre n° 25 qui paraîtra au cours de l’été.
Enfin, nous avons participé le 19 mai dernier, à une conférence à l’Institut catholique, organisé par Elena Lasida, responsable de la chaire Ethique et Finance de la Faculté de Sciences sociales et économiques en partenariat avec Finansol et l’association Ethique et Investissement, sur le thème de « La crise, une chance pour la finance Ethique et solidaire ». Cette conférence est une première manifestation d’une collaboration qui a été initiée avec l’aide de Virginie Lecourt et que nous souhaitons poursuivre avec Elena Lasida entre la Chaire Ethique et Finance et l’association.
Nous avons continué la veille sur les entreprises et les secteurs économiques en participant au groupe de travail rassemblant le CCFD et nous-mêmes autour des analystes de la société Meeschaert qui nous apporte leur expertise et le résultats de leurs recherches d’informations toujours très fouillées. Notre objectif est d’examiner les enjeux éthiques des secteurs à la lumière des critères qui constituent notre charte et de positionner les entreprises en fonction de leur comportement social et environnemental.Certaines réunions sont consacrées à des thèmes transversaux ayant de forts impacts sur les entreprises. Cette année ont été vus les secteurs suivants :le transport aérien, les matériaux de construction, le nucléaire, les services de télécommunications, la distribution alimentaire. Les thèmes transversaux ont été l’urbanisation et l’Afrique à travers l’exploitation des matières premières
Dans le cadre de cette veille des entreprises, nous nous intéressons aux méthodes d’analyses des agences de notation extra financières : le conseil d’administration a reçu Innovest en janvier 2009 et quelques administrateurs ont rencontrés à Bale l’équipe interne de notation de la Banque Sarrasin.
Je ne voudrais pas terminer ce panorama de l’année sans parler des réflexions suscitées par l’affaire Madoff. Comme vous le savez, le fonds Nouvelle Stratégie 50géré selon nos critères était investi, à hauteur 3,75% dans lef onds d’investissement Luxalfa coté au Luxembourg gérés par le financier américain Madoff.Les montants investis ont été mis à zéro quand a été annoncée la faillite frauduleuse de Madoff. La société Meeschaert s’est associée à la plainte déposée non seulement contre Madoff mais également contrele dépositaire du fonds Luxalpha, UBS, qui avait failli dans son rôle dedépositaire. En outre, la famille Meeschaert a annoncé qu’elle rembourserait sur ses deniers propres les montants investis dans le fonds Luxalpha, sans attendre l’issue de la procédure judiciaire, qui risque d’être très longue. Ilf aut les féliciter de ce geste qui n’a été, à ma connaissance, imité par aucune autre société de gestion.
L’association a été interrogée et s’est interrogée sur l’existence de cet investissement dans un produit qui s’est avéré hasardeux et même frauduleux dans un fonds éthique[1].
Jusqu’à présent, l’association a centré sa réflexion sur les investissements en action,et la définition d’un « univers investissable » défini en fonction du respect par les entreprises des critères de l’association ou tout du moins de la prise en compte de ces critères comme objectif à atteindre. Cette année,nous avons pris conscience de la nécessité d’étendre notre réflexion à la gestion globale du portefeuille. Qu’est ce qu’une gestion éthique ? Nous ne prétendons pas avoir abouti. Cependant, à la demande de Marc Favard, le conseil s’est prononcé sur l’investissement dans un fonds alternatif qui s’appelle Stratiquant. Le fonds NS50 possédait une ligne sur ce titre et Marc Favart nous a donné l’occasion de rencontrer le gérant de fonds et le dépositaire. Nous avons conclu que la gestion alternative telle que pratiquée dans Stratiquant ne correspondait pas à notre conception de l’accompagnement des entreprises sur le long terme et donc à l’esprit de notre charte.
Perspectives 2010
Pour 2010, nous poursuivrons nos réflexions sur le thème de ce que doit être la gestion d’un portefeuille éthique, sachant que c’est un sujet difficile car les outils de la gestion financière sont multiples et complexes.
Nous allons, suite à cette journée, officialiser notre nouvelle charte en publiant une nouvelle plaquette qui devrait permettre de reprendre le dialogue avec les entreprises.
Nous allons poursuivre l’étude des secteurs et l’organisation des journées que nous limiterons à deux journées, l’une au début décembre, l’autre au début juin afin de disposer de plus de temps pour organiser plusieurs réunions supplémentaires plus courtes accessibles à un autre public que celui des journées. Nous avons aussi pour objectif d’augmenter le nombre de nos adhérents, d’augmenter les ressources de l’association et d’accroître le nombre de bénévoles qui viennent renforcer le conseil d’administration ou l’aider dans sa réflexion.
Fonctionnement de l’association
Chacun de vous a pu constater que Murielle Hermellin a pris la succession de Stéphanie Chomette entant que chargée de mission de l’association. Je les remercie toutes les deux de la qualité de leur travail et de la transition qu’elles ont réussie à faire en douceur.
Depuis un an, votre Conseil d’administration a fonctionné avec 10 membres. Trois mandats d’administrateurs arrivent à échéance en 2009 : Martial Cozette, Jacques Terray et Thérèse Van de Weghe vous proposent de renouveler leur mandat. Et je vous remercie du soutien que vous nous manifesterez par votre vote.
Nos statuts prévoient que le conseil peut comprendre jusqu’à 15 membres et qu’un tiers du conseil doit appartenir à des congrégations. Nous souhaitons fortement renforcer nos équipes pour pouvoir renforcer notre action. N’hésitez pas à vous faire connaître si vous êtes prêt à consacrer à l’association un peu de temps, que ce soit pour participer aux réunions du conseil qui ont lieu 6 à 7 fois par an ou pour collaborer à un groupe de réflexion temporaire.
[1] Il semblerait que ce qui aattiré les investisseurs qui ont investi dans le fonds Luxalpha, c’est lastabilité de la performance à un niveau nettement supérieur au marché.
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La Croix
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