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Abondance de biens ne nuit pas ?

Abondance de biens ne nuit pas ?

 

hands-8789690_1280Leo de Pixabay

 

Des Mages, réputés Sages, au terme d’un périple incertain déversent, dans une étable, la myrrhe l’or et l’encens, pour honorer... un enfant : curieux périple, dans un but saugrenu ? Drôle d'aventure et d'usage des richesses de ce temps ; voilà ce que la traîne des fameux Rois Mages m'inspire, à chaque fête de l’Épiphanie.

 

Une autre énigme me revient en mémoire, liée là encore à un "pactole" embarrassant : et si le « Disciple préféré » de cet enfant une fois adulte, le récurrent et si discret "Disciple que Jésus aimait" surgissant de-ci de-là dans les Évangiles, sans jamais être nommé, était le jeune notable juif qui avait de grands biens (Mc 10-17)? "Qui est-il, enquête Nicole Reille, dans un texte inséré en annexe de son autobiographie, "Croquer la vie à pleines dents" (2010)? Mystère. Un jeune homme, dit Matthieu. Un notable, dit Luc. Un anonyme pour Marc. Le 4eme évangile n'en parle même pas (...)". Une seule chose lui manque "Vas, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens et suis-moi. (...) A cette parole, le jeune homme s'assombrit et s'en alla tout triste car il avait de grands biens. Quel combat intérieur pour ce jeune homme ! Comment ne pas perdre la face ? Comment liquider ces biens qu'il tient de sa famille comme un précieux héritage, lui qui encore jeune n'a pas pu encore gagner sa vie au point d'avoir pu les acquérir par lui-même ? Ce jour-là le jeune notable rentra chez lui avec son désarroi".

 

Trouver la juste distance par rapport à "ses" biens ...

 

Or, plus tard, c'est à lui que les disciples chargés des préparatifs de la dernière Pâques, la Cène, s'adressent pour disposer tout naturellement de "la salle haute de la belle Maison" avec sa table garnie, où ils sont tous accueillis sans façon par le propriétaire. "Nul doute qu'au sein de la première communauté chrétienne, le disciple que Jésus aimait a su trouver la juste distance par rapport à ses biens (...) Ce fut cela, pour lui, suivre Jésus" relève-t-elle.

 

L'expérience du travail -concrète, humaine- de ce dernier, son insertion dans l'économie de son époque, donnent lieu à une séquence instructive du Parcours d'initiation (3 séances) proposé par Le Christ Vert.

 

Parmi les nombreux thèmes abordés lors du Parcours en trois séances que j'ai suivi, peu avant Noël et l'Épiphanie, celui de l’économie et de la finance nous interpelle tout particulièrement chez Éthique et Investissement (E&I) avec, bien sûr, la problématique « Mettre l’économie au service du bien commun ». 

 

"Entre idées et réalité, il y a toujours un chemin à faire ; ce réseau propose d’avancer en 4 étapes : s’informer et se documenter ; rencontrer des acteurs de terrain ; identifier ses résistances ; prendre des résolutions" estime Chantal Arnaud, Administratrice d'E&I (cf son article dans la Lettre semestrielle de janvier 2026) en découvrant ce Parcours. Le Père Étienne Grenet consacre à l'économie, au travail, un éclairage intéressant : l'une des premières occurrences du mot sagesse* dans les Écritures apparaît, met-il en exergue, liée au geste de l'Homme au travail ; c'est par ce "canal" qu’elle va influencer (ou pas) le monde, souligne-t-il. Et avant sa vie publique, bien plus courte que sa vie "active" rappelle-t-il : « Jésus s’est inséré dans l’économie, en tant que charpentier avec son père : ouvrier ou petit patron de PME ?  Peu importe», l'essentiel est ailleurs ...

 

Productrice de richesses (dans le meilleur des cas), l'économie a une fonction

 

« Comment mon travail fait-il fructifier la Création » est la question de ce Parcours qui a le plus retenu mon attention, elle y est évoquée de manière lumineuse et documentée m’a-t-il semblé. Avec son corollaire : combattre le travail déshumanisant. Il est reconnaissable comme tout ce qui altère en vérité nos liens (dilution des responsabilités dans des segmentations en chaîne hors de contrôle ; digitalisation de nos vies ; financiarisation de l’économie, sans garde-fous…).

Idem suis-je tentée d’extrapoler, en tant qu’épargnant/investisseur -car ne dit-on pas que l’argent « travaille »-, la question devient alors : l'argent est "placé" oui, mais pour qui/quoi, comment, à quel prix ? C'est ce genre de considérations qui préside aux décisions prises pour le fonds NS50 lors de nos Comités réguliers.

 

Sans oublier le « travail sur soi » adressé à chacun(e), scandé tout au long du parcours proposé.

 

Préférer la communion à l'accumulation pathologique

 

De la parabole de l'homme qui, engrangeant de plus grandes moissons qu'il ne pouvait en stocker, n'avait d'autre obsession que d'agrandir sa propriété indéfiniment, illusion d'immortalité à la clé, il tire cet avertissement : se défier d’une pseudo-sécurisation par l’accumulation, qui est un usage pathologique des nécessaires biens de ce monde, signe d’angoisse face à notre finitude. Finitude mal comprise, signale Etienne Grenet.

 

Hier, à l'occasion de l'Épiphanie, clôturant le Jubilé (2025), au Vatican, Léon XIV, a mis en garde contre "une économie faussée" :  «Oui, a-t-il affirmé, les Mages existent encore. Ce sont des personnes qui acceptent le défi de risquer chacun son propre voyage, et qui, dans un monde tourmenté comme le nôtre, repoussant et dangereux à bien des égards, ressentent le besoin d’aller, de chercher».

 

«Autour de nous, poursuit le Pape, une économie faussée tente de tirer profit de tout» et de déplorer : «Nous le voyons: le marché transforme en affaires même la soif humaine de chercher, de voyager, de recommencer». Tirer profit de tout, une injonction insatiable.

 

Visage impassible (si ce n'est un léger sourire, peut-être), non blasé assurément, l'Enfant accueille les Mages et leurs présents un peu... "too much" : n'y aurait-il pas là comme l'expression d'un décalage, d'une distance exemplaire... A conserver précieusement en tête, face aux richesses matérielles qui peuvent s'offrir à nous ; ou nous passer sous le nez... ? 

 

Bonne année 2026 !

 

Michèle Royer

Déléguée Générale d'E&I

 

 la première occurrence du mot sagesse dans les Écritures apparaît en Ex 28, 3 "Toi, tu t’adresseras à tous les artisans habiles, ceux que j’ai remplis d’un esprit de sagesse".

 

 
Mis à jour le 07/01/2026
Financer l'armement, une réflexion d'actualité

Financer l'armement, une réflexion d'actualité

 

 

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En l'occurrence investisseur/épargnant, peut-on distinguer “le juste” de ”l'injuste", le civil du militaire et le public du privé ? Notre association a organisé une soirée débat ouverte à tous, sur inscription préalable, le 25 novembre dernier pour un éclairage sur ces trois aspects de la question. Elle s’est tenue à Paris et en visio, avec en introduction, une relecture du tableau de Delacroix “Combat du Giaour et du Pacha” d'après Lord Byron (ci-dessus). 

 

Trois intervenants, trois points de vue pour éclairer une question épineuse

 

Bernard Bourdin, Dominicain, a ensuite proposé son analyse, en 3 étapes, de la doctrine de la « guerre juste » dans la tradition chrétienne. Pour St Augustin, afin d’être qualifiée de juste la décision d’entrée en guerre est du seul ressort du chef de l'État, repose sur une juste cause -se protéger d'une agression)- avec, pour but, le retour à la paix. St Thomas d’Aquin reprend ces conditions en précisant que la guerre doit viser à faire triompher le bien commun et non des causes cachées. Enfin, Francisco de Vitoria étend le concept aux diverses manières de combattre dans le contexte de la conquête par les Espagnols du Nouveau Monde et des massacres qui y sont perpétrés. Pour Bernard Bourdin, la guerre totale moderne posant des questions éthiques complexes, un renforcement de la réflexion sur le droit de défense des peuples est préférable au fait de réduire la guerre au simple niveau technologique ou de la rejeter complètement.

 

De son côté, ingénieur en chef de l'armement, Guillaume Houël détaché à l'Occar, a présenté une discussion sur la distinction entre les technologies civiles et militaires, expliquant comment ces 2 domaines s'imbriquent de plus en plus dans les systèmes modernes. En utilisant l’exemple du drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), il a tout d’abord évoqué le fait que la frontière civil/militaire s’efface dans les faits puisque les systèmes modernes mêlent indissociablement composants civils et finalités militaires et les entreprises qui les conçoivent fonctionnent elles-mêmes en logique duale. Pour lui, cette hybridation n’est pas seulement technique mais industrielle puisque ce n'est plus le militaire qui irrigue le civil, mais les technologies civiles qui conditionnent aujourd'hui la supériorité opérationnelle. Enfin, il a insisté sur le fait que cette dualité devient un instrument de puissance stratégique dans la mesure où d’une part le contrôle technologique sert de levier économique et politique (cf. la réglementation ITAR américaine) et d’autre part les conflits hybrides montrent comment des moyens civils sont utilisés pour produire des effets militaires tout en restant sous le seuil de la guerre ouverte. Selon lui, la question éthique ne peut donc plus se limiter à l'objet technologique mais doit se concentrer sur sa finalité et ses utilisateurs.

 

Enfin, Directeur de la gestion cotée chez Mirova, promotrice de "Defense Bonds" dans un "position paper" paru en juin 2025, Hervé Guez a analysé le financement de l'industrie de la défense dans le contexte de l'investissement responsable, expliquant les défis posés par la distinction entre armes interdites et/ou controversées. Il a souligné que les politiques d'exclusion ESG actuelles ont eu relativement peu d'effet car les grands groupes industriels cotés ont des ressources suffisantes pour ne pas avoir besoin de financement privé. Il a néanmoins proposé la création d'un mécanisme d'obligations de défense européennes pour contrôler la finalité des financements, reconnaissant que la souveraineté nationale complique la mise en œuvre d'un cadre européen unifié.

 

Géopolitique, droit international, technologies... les questions des participants 

 

Les échanges avec la salle ont élargi le cadre de réflexion. D'abord, celui de la transformation du contexte géopolitique ; plusieurs participants ont ainsi souligné que le droit international, déjà fragile, semblait aujourd’hui reculer face à la résurgence de grandes puissances impériales – Russie, Chine, États-Unis notamment – et à leurs stratégies de domination. D'où, des "casus belli" inédits, voire inopinés : leurs nature, forme, identification et en particulier, la distinction entre "agresseur" vs "agressé" changent, ne vont pas de soi. 

 

La discussion a porté sur l’évolution des conflits rendue possible par les nouvelles technologies ; les guerres hybrides, le détournement d’objets du quotidien à des fins militaires, les guérillas (qui viennent gommer la distinction armées de métier / population civile), le développement d'armes de plus en plus « autonomes » (des drônes de surveillance guidés à distance aux drônes « tueurs ») ont été évoqués comme autant de facteurs remettant en cause les formes « classiques » des conflits armés.

 

Dans ce contexte de profondes mutations des situations bellicistes, peuvent aiguiller la réflexion du "citoyen éclairé" sur un sujet aussi complexe les informations rendant compte de : la finalité des armements, leurs conditions d’emploi, la responsabilité politique qui encadre l’usage de la force. Notamment, Investir dans la défense peut alors relever, selon les situations, d’un renoncement assumé ou d’un devoir civique, dès lors que défendre sa souveraineté et ses valeurs est en jeu.

 

En tout état de cause, les nombreux échanges ont montré qu’un financement responsable de la défense ne pouvait être pensé indépendamment d’une réflexion plus large sur ces nombreux, la liste n'étant pas exhaustive, aspects connexes.

 

 

 

Jérôme Courcier, Pdt d'E&I et Christine Ceza, juriste, bénévole d'E&I

 

 
Mis à jour le 23/12/2025
1975-2025 Oikocredit, acteur mondial de la finance solidaire responsable

1975-2025 Oikocredit, acteur mondial de la finance solidaire responsable

 

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Membre d'Éthique et Investissement (E&I), Oikocrédit fête le 4 novembre prochain ses 50 ans. "50 ans d'impact, une finance qui change les vies" relate, à son sujet, le site L'Infodurable. La solidarité, notamment internationale à travers des placements financiers fait partie des valeurs qui animent les membres originels et actuels d'E&I.

 

Dans son livre "Pour une Économie du bien commun" (éd. Dunod, 2022), Christian Felber présente Oikocredit comme "une organisation internationale de crédit fondée en 1975 qui se concentre sur les microcrédits et les crédits sur projet qui concourent au développement, dans des pays à faibles revenus".

 

C'est une coopérative européenne spécialisée dans la finance solidaire, d'origine néerlandaise, mais également implantée en France. Oikocredit se finance auprès de particuliers et d’institutionnels (majoritairement chrétiens) sous la forme de placements (labellisés Finansol et ESUS) qu'elle utilise pour prêter ou investir en capital dans des activités productives à fort contenu social. Et elle s'efforce de le mesurer, pas de l'affirmer seulement. En atteste notamment une enquête qu'elle a diligenté auprès de ses récipiendaires ! C'est dire le sérieux de son engagement, de nos jours, où les effets de com' et "de manches" sont hélas trop souvent la "norme"...

 

 

D'hier à aujourd'hui

 

En 1975, une coopérative de finance solidaire à vocation internationale voit le jour aux Pays-Bas sous le nom de Société Œcuménique de Développement (elle devient Oikocredit en 1999) pour venir en aide aux populations les plus démunies à l’échelle mondiale en leur octroyant du microcrédit, retrace Stéphane Pisani dans les Cahiers de Recherche Philab (juin 2021, Montréal). L'activité de microcrédit était majeure à l’origine d’Oikocredit, aujourd’hui, le champ d’action de la coopérative est plus large, incluant des financements dans l’agriculture durable, les enjeux climatiques et l’accès à l’énergie, notamment auprès des femmes dans le monde rural, qui sont souvent les grandes exclues des milieux financiers. A date, Oikocredit finance près de 500 partenaires dans ces secteurs, grâce au soutien de près de 46 000 investisseurs, qui apportent plus d’un milliard d’euros. (Source : Rapport d’impact Oikocredit 2025). Un article Suisse, il y a peu, dresse une rétrospective tout à fait édifiante.

 

"Notre mission est d’améliorer la vie des personnes et de communautés à faibles revenus, tout en préservant l’environnement et en générant des rendements équitables. Nous investissons principalement dans 3 secteurs d’activité : l’inclusion financière, l’agriculture et les énergies renouvelables" à travers le monde. S'appuyant sur quelque 500 partenaires locaux à travers le monde, qui "sélectionnent et apportent leur expertise aux clients finaux (individus et PME)" Oikocrédit favorise l'accès de ces derniers au financement sous forme de prêts et de participation" mais aussi, "un soutien non financier (compétences, technologie et gouvernance)", détaille Maïna Guiner, responsable relations investisseurs, sur le site de FAIR (ex-Finansol) qui de longue date labellise la plupart de ses produits. 

 

Un enjeu toujours d'actualité

 

il s’agit, à l'international, de contribuer à « combler les écarts d’inégalité tout en démontrant que des investissements modestes, alliés à l’expertise communautaire, peuvent créer des opportunités durables pour ceux qui ont moins » sur cette planète. A quelques jours de fêter son jubilé d’or, avec l’événement "Impact Évolution" auquel vous êtes invités, à Rotterdam le 4 novembre 2025, cette institution cinquantenaire rappelle qu' «1 % les plus riches ont vu leur richesse augmenter de 33,9 trillions USD au cours de la dernière décennie, suffisamment pour mettre fin à la pauvreté 22 fois (source : Oxfam UK). Pendant ce temps, environ 3,5 milliards de personnes vivent avec seulement 6,85 USD ou moins par jour (…) De tels écarts d’inégalité érodent la confiance, approfondissent le ressentiment et polarisent les sociétés » 

 

Ce n'est pas une fatalité, si les investisseurs et investisseuses usent de leur pouvoir d'influence !


« Les investisseurs et investisseuses sous-estiment trop souvent le pouvoir d’influence qu’ils détiennent », explique Ramses Man, directeur de l’engagement des investisseurs chez Oikocredit. « Que vous épargniez pour la retraite ou gériez un portefeuille, votre argent façonne le monde qui vous entoure. Vous avez le pouvoir d’avoir un impact positif et il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour commencer. »

 

Vous vous demandiez pourquoi nous sommes partenaires ?

 

 

Michèle Royer

Déléguée Générale d'E&I

 
Mis à jour le 30/10/2025
Finance transformatrice ? Un documentaire à voir et revoir ...

Finance transformatrice ? Un documentaire à voir et revoir ...

 

labyrinth-4913643_1280Nicolas DEBRAY de Pixabay

 

Des image d'archive de Nicole Reille (1930-2012), fondatrice de l'association Éthique et Investissement (1983), ouvrent le film diffusé dimanche 31 août sur France 2 (10h-11h) et en replay bien sûr ! Ce documentaire de Claire Jeanteur intitulé Les Jardiniers de l'Économie "défriche" une question ardue, avec un enjeu majeur: "La Révolution responsable aura-t-elle lieu?"

Résultat, un film à la fois instructif et ludique. Grand public, sans être trop simpliste.

 

Pourtant, le gant n'était pas évident à relever : intéresser le public dominical à la finance, qui plus est "responsable", agissante, en vue d'une économie plus humaine... Soit, un sujet technique, réputé difficile, accessible aux seuls experts de l'ISR (investissement socialement responsable). Le voilà traduit dans un documentaire œcuménique sensible, compréhensible par le plus grand nombre finalement. Défi relevé ! 

 

"C’est l’histoire d’un combat méconnu aux enjeux planétaires avec ses pionniers, ses conflits, ses coups d’arrêt et ses reprises. Ce mouvement qui incite les entreprises à grandir dans leur responsabilité, où la finance se fait levier de transformation, n’est pas une utopie. Rencontres avec des femmes et des hommes engagés" prévient la réalisatrice, Claire Jeanteur. Contactée au moment où nous cherchions à célébrer, de plusieurs manières, les 40 ans de notre association en 2023, la documentariste a manifesté son intérêt, fait preuve d'une curiosité tenace, à la fois ingénue et ingénieuse. Dès origines à aujourd'hui le propos porté à l'écran est plutôt limpide.

 

Pour une économie plus humaine, des jardiniers d'un certain type... 

 

Historiquement, en Occident, les investisseurs religieux ont joué un rôle déterminant dans cette finance singulière, avant qu'elle ne prenne un essor laïc, bien plus large -d'où l'implication du Jour du Seigneur et de Présence Protestante en l'occurrence débouchant sur cette production.


La fondatrice d'Éthique et Investissement, Économe d'une congrégation née à Nancy (Notre Dame-Chanoinesses de Saint-Augustin) a encouragé la première agence de notation extrafinancière française (Arèse, Geneviève Férone), participé au FIR (Forum français pour l'Investissement Responsable), ce que le documentaire met, notamment, en lumière. Il se poursuit avec quelques-uns des fruits de cette histoire, dont la Loi française sur le Devoir de Vigilance (Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle), Le Campus de la Transition (Cécile Renouard) et plus largement l'activisme actionnarial porté par une pluralité d'ONG favorables à la transition écologique et sociale; ce sont autant de facettes de "l'économie responsable" que ce film illustre avec justesse. Et elles sont nombreuses, subtiles, un peu comme si.... "plusieurs chemins mènent à Rome". C'est pourquoi des témoignages fort divers ponctuent cette exploration, parmi lesquels ceux de :

 

Jerôme Courcier – Président d’Ethique et Investissement


Geneviève Férone – Fondatrice d’Arèse


François Faure – Agent général d’assurance, Prédicateur protestant, Président-Fondateur du RéseauCEP


Nicole Notat – Ancienne Secrétaire générale de la CFDT (1992-2002)


Dominique Potier – Député de Meurthe-et-Moselle, Président de l'association Esprit Civique


Cécile Renouard – Présidente du Campus de la transition

 

notamment. Ce film croise les regards de catholiques et de protestants engagés, de laïcs, dans un mouvement misant sur des comportements d'actionnaires/épargnants propres à "faire grandir" la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Un élan qui, naturellement, connaît des cycles plus ou moins "porteurs" comme l'actualité récente le rappelle, dont ce documentaire ne fait pas abstraction.

 

Au fil des saisons, tenir bon

 

Liés à cette vision de la finance et de la responsabilité effective de tout épargnant/investisseur, sans dogmatisme, les espoirs, les atermoiements également d'une transformation épique sont mis en évidence. Comme le résume la réalisatrice Claire Jeanteur : « J’aime l’idée que ce film soit comme un voyage au fil d’un mouvement qui, en visant à transformer l’économie, nous transforme également, nous rend plus conscients, plus responsable. Être responsable, c’est d’abord oser se poser les bonnes questions, savoir aussi renoncer au profit à court terme pour privilégier l’investissement à long terme».

 

Ce diagnostic et cette ambition sont au cœur de notre association depuis plus de 40 ans. Dont acte. Continuons de cultiver ensemble la réflexion, l'engagement, au besoin en nous formant. Une occasion de se ressourcer est fournie, grâce à ce film : bonne rentrée et continuation...

 

 

Michèle Royer

chargée de mission d'E&I

 

 
Mis à jour le 28/08/2025
Rôle sociétal de l'entreprise, légiférer encore ou bien, stop ?

Rôle sociétal de l'entreprise, légiférer encore ou bien, stop ?

 

boy-3081940_1280Free Photos at divvypixel.com de Pixabay

 

Deux fois par an, E&I organise une soirée débat ouverte à tous, sur inscription préalable. Celle du premier semestre 2025, détaillée ici, s’est tenue le 28 avril après notre AG, sur la réglementation de l'information "extrafinancière" (ESG) des entreprises, battue en brèche malgré des témoignages positifs de celles-ci … Qu’en retenir, du point de vue de l’investisseur responsable et de l’éclairage qui lui est dû ? 

 

L’environnement, le social et la gouvernance (ESG) sont des balises pour choisir nos placements

 

La finance responsable fait l’objet d’un important «retour de bâton » (backlash). A savoir, un flot de critiques ; il vient remettre en cause son rôle, son efficacité et au premier chef, son cadre règlementaire avec la proposition de la Commission Européenne baptisée « Omnibus ». Objectif : réviser les principales directives en la matière, pourtant en vigueur depuis peu dans l'UE.

Sont ciblées en particulier :

  • la directive CSRD, qui encadre le reporting « extrafinancier », autrement dit, le devoir de « redevabilité » des entreprises, à l'origine instillée, en France, par la loi NRE (Nouvelles Régulations Économiques) de 2001, afin de renseigner leurs parties prenantes (dont les investisseurs) sur leur modèle d’affaires, exprimer leur compréhension et par conséquent, leurs actions quant aux incidences écologiques, sociales, et globalement sociétales liées à leurs activités voire, leurs courbes de progrès en plus des ratios strictement financiers (ESG) ;
  • la directive CS3D, alias « Due Diligence » inspirée de la loi sur le Devoir de Vigilance votée en France dès 2017 après le drame du Rana Plazza pour inciter les entreprises « donneuses » d’ordre à s’assurer que leurs sous-traitants respectent les droits humains et l'environnement.

 

Stop ou encore ?


Cette conjoncture est préoccupante, car les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont cruciaux pour nos buts -"une économie plus humaine"- et l'avenir de notre planète ( "la Création"). Tant de voix s’élèvent à l'encontre de ces directives à peine entrée en vigueur, et ce, avec des arguments-massues, dans un brouhaha propice au « dialogue de sourds ». Alors, trop ou pas assez de régulation en l'occurrence ? Une certaine confusion règne. Ont accepté de venir nous proposer un éclairage dans ces circonstances, et d'en discuter avec nous, trois représentantes de points de vue complémentaires :

  • celui du droit, par Corinne Lepage, avocate, ancienne ministre de l'environnement qui a profondément œuvré au Code de l'Environnement, à une époque où même, par exemple, Marceau Long s'étonnait d'une telle initiative dans la mesure où, disait-il, "l'interdiction de polluer est déjà stipulée dans notre Code rural" aussi, pourquoi en rajouter ? ; 
  • celui de la philosophie appliquée à l'entreprise, services rendus à la clé, par Cécile Ezvan, professeure d'éthique et de RSE à Excellia BS, chercheuse associée au campus de la Transition de Cécile Renouard, à l'origine d'un critère reflétant la qualité relationnelle d'une organisation vis à vis de ses parties prenantes (sa capacité à "tisser du lien social"), notamment utilisé pour la gestion du fonds Equicongrethis ; 
  • celui des agents économiques ayant à appliquer les règles et les normes en question, par Murielle Cagnat Fisseux, DG de Stella Partners (cabinet axé sur la RSE), ancienne co-présidente d'un comité du Medef sur l'excellence opérationnelle ; témoin de leurs réticences affichées à toute entrave aux affaires autant que de leur quête de performance, elle est personnellement convaincue du caractère potentiellement profitable, stratégique donc, des politiques ESG (environnementale, sociale et de bonne gouvernance) tout en appelant à un effort de lucidité sur les dilemmes que la RSE pose aux entreprises.  

 

Au nom de la compétitivité*, l'urgence de simplifier**  implique une "pause législative" disent les détracteurs de la régulation telle qu'elle existe aujourd'hui.

Une pause ? Plutôt un détricotage, redouté au contraire par ses défenseurs. Pire, in fine cette (r)évolution consacrerait la loi du plus fort, que promeut sans fard l'idéologie "trumpiste" font valoir ces derniers. 

 

Sans régulation, la jungle assurée

 

Pour Corinne Lepage, "Ce que nous devons défendre aujourd’hui, ce n’est plus seulement de nouveaux engagements, mais la préservation des acquis face aux tentatives de démantèlement des réglementations existantes. L’abandon de la directive CS3D ("Devoir de Vigilance" ou de "Due Diligence") , la remise en cause des engagements climatiques, la montée du climatoscepticisme... Tout cela témoigne d’une cécité que je peine à comprendre. Les entreprises ont un rôle clé à jouer dans cette transition. Pas seulement pour répondre aux obligations juridiques, mais pour se protéger elles-mêmes et assurer leur viabilité dans un monde en mutation". Bien sûr, "le sujet de l’efficacité de la réglementation, sous réserve qu’elle se maintienne, pour atteindre sa finalité reste entier. Nous savons tous peu ou prou,  que les normes peuvent être contournées et instrumentalisées pour ne surtout pas progresser. Il en est aujourd’hui du greenwashing comme de certaines démarches qualité et de certification visant l’amélioration de la qualité de produits ou de services, de la satisfaction clients ou collaborateurs" qui ont eu du mal elles aussi à conquérir leur lettres de noblesse. "Certains continuent encore de faire semblant en la matière ; nous assistons en ce moment à la publication des premiers rapports CSRD, magnifiques dans leur construction, la multiplicité et la diversité des données communiquées… qu'en feront la gouvernance, les investisseurs, la société civile? Le sujet reste entier".

 

Faire semblant, se conformer au sens de "cocher les bonnes cases", pour s'attirer les meilleures notes ESG et donc les "bonnes grâces" des épargnants regardants, au-delà des seuls critères financiers, quant aux progrès en termes de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) liés à leurs placements : le biais est connu ; c'est une réalité révélée par un certain nombre de scandales, depuis Enron (2001) jusqu'à Orpéa (2022). Nonobstant le coût réputé exorbitant, acquitté par les organisations pour payer les audits que requièrent la certification des comptes, les normes, les labels, entre autres vérifications requises, imposées ou que s'imposent les entreprises, les "tromperies sur la marchandise" s'avèrent possibles.

 

Pour autant, le "laissez faire", autrement dit, renoncer aux règles n'ayant pas empêché les déviances observées, est-ce la solution ? Aucune de nos intervenantes ne le croit. En revanche, accompagner, reconnaître et récompenser les meilleures pratiques des acteurs économiques, jalonnent une piste faisant davantage consensus.

 

L'entreprise a un rôle politique à jouer, mais pas seule...

 

Le rôle politique de l’entreprise, au sein des sociétés contemporaines et envers les générations futures, invite à repenser la responsabilité sociale de l’entreprise en fonction de la manière dont elle agit et coopère pour promouvoir des institutions et des systèmes favorables à un développement humain durable. Tel est le credo de Cécile Ezvan, invitée à la tribune de notre soirée-débat.  

 

Cécile Ezvan, Docteur en Philosophie (Université de Lyon) et diplomée de l’ESCP, travaille sur l’évaluation de la contribution sociale des entreprises et la transformation des modèles économiques au service de l’intérêt général (modèles circulaires, à impact, entreprises à mission). Avec, par exemple l’indice de capacité relationnelle (RCI), elle illustre par ses travaux un courant de la recherche, à visée pragmatique, d'une lignée d'économistes qui préconisent la construction et l’utilisation d’indicateurs basés sur l’utilité sociale de la croissance. Approches passionnantes, mais aussi utiles puisque certaines d’entre elles n’entendent rien moins que changer l’entreprise pour le bénéfice de la société tout entière. Il s'agit, avec l'indicateur RCI par exemple, "d'évaluer la valeur extra-financière de la contribution des entreprises à la qualité du lien social dans un territoire, aux relations entre l’entreprise et ses parties prenantes, et plus largement aux milieux vivants". Un rôle "politique", pas seulement économique donc, mais aussi sociétal, que la loi PACTE reconnaissant "l'entreprise à mission" par exemple, a institué il y a peu en France, via son Code Civil remanié. "Une nouvelle société à mission est créée toutes les 18h" claironne BpIFrance. La philosophie et l'entreprise ne sont pas antinomiques, et cette alliance n'est donc pas si rebutante, pas forcément ennemie de la "compétitivité" ni contre-performante.

 

D'ailleurs, "80 % des entreprises françaises, dont Accor, Nestlé et Decathlon, se disent satisfaites de leur conformité à la CSRD" selon une consultation "à chaud" présentée "à quelques jours du vote au Parlement européen relatif à la directive "stop the clock" visant à reporter de deux ans la CSRD, dans le cadre du "paquet omnibus" de la Commission européenne" relate la journaliste Sabrina Dourlens, dans une dépêche d'AEF Info, à l'issue d'une conférence organisée le 25 mars au Parlement européen à Bruxelles. Intitulée "simplifier la CSRD opérationnellement", elle réunissait acteurs économiques, investisseurs, experts technologiques, décideurs politiques et représentants de la société civile, "tous ont partagé des retours d’expérience concrets sur la mise en œuvre de la CSRD et l’exploitation des données ESG pour une transition efficace", rapporte-t-elle. Dont, notamment, cet avertissement disant : attention, sur le terrain, "volontaire équivaut à non prioritaire".

 

L'application des directives pose question, plus que la régulation elle-même !

 

Pour Murielle Cagnat-Fisseux ayant co-animé un groupe de travail du Medef sur l'excellence opérationnelle et fondé un cabinet expert dans l'accompagnement des entreprises, il faut bien voir les injonctions contradictoires qui sont leur lot. Quand bien même, nécessairement, leur performance se décline aujourd'hui au pluriel (performance non seulement financière mais aussi relationnelle, opérationnelle, sociétale, environnementale... bref, ESG), l'exercice demandé ne va pas de soi. "Il me semble que le monde de la RSE gagnerait à prendre le temps du débrief de fin de match ou de fin de saison. Une défense pas au niveau, un jeu qui manque de fluidité, un manque ou une confusion de leadership, voilà bien des raisons qui ont pu faire faillir de grandes équipes dans le monde du sport collectif. Nous devons nous aussi apprendre à nous organiser, nous entraîner, nous remettre en question, nous armer, aussi bien, et mieux encore, que ceux qui entendent nous empêcher de gagner la bataille de la viabilité de notre monde, et de la dignité partagée". Elle reste optimiste, tout en désignant une marche de progrès à franchir, encore haute. "Il est à craindre que la RSE comme précédemment les démarches de qualité, d’excellence opérationnelle, d’innovation et bien d‘autres, soient vécues comme l’affaire de quelques spécialistes en charge d’assurer un minimum de prérequis sur un mode plutôt régalien, et certainement pas comme une préoccupation qui se traduit dans des actes concrets au quotidien, faisant de l’avènement de l’entreprise contributive l’ «affaire de tous »." 

 

Une affaire de quelques "experts" vs implication de l'ensemble des métiers, du management ; et du marché

 

Autre axe de progrès, elle observe que "le lien direct avec les objectifs business n’est pas opéré. Pire encore, le temps consacré aux réflexions ou aux actions en la matière est perçu comme une menace à la productivité. En d’autres termes sauver la planète et satisfaire ses parties prenantes c’est bien, mais les objectifs business d’abord. Il faut dire que c’est sur ces objectifs quantitatifs que les managers et leurs équipes sont attendus, évalués, valorisés". Dans ces conditions, c'est une véritable gageure que de "sensibiliser les managers et les orienter vers la création de valeur sociétale et environnementale autant qu’économique". N'y aurait-il pas là un point d'attention désigné aux épargnants que nous sommes, appelés à distinguer et donc encourager les agents économiques à cette aune ?

 

Leurs visions stratégiques exprimées noir sur blanc, les politiques conduites et les plans d'actions allant dans ce sens, résultats à l'appui : voilà des éléments de base, indispensables au dialogue actionnarial, assortis de preuves, sans parler de la communication due au consom'acteur ! Sans doute les exigences des investisseurs qui se veulent responsables devraient-elles être moins tues, pour être davantage moteur, davantage revendiquées notamment vis à vis de leurs banquiers et gestionnaires de fonds, prescripteurs, comme notre association essaie d'en montrer l'exemple, depuis sa création.

 

Au regard de son application donc, confiée peut-être trop souvent à une poignée de "spécialistes" plus soucieux de sécurisation juridique que d'une application de l'esprit (avant la lettre) des directives mises en cause, la règlementation souffre naturellement d'amélioration, d'ajustements à l'aune des effets observés plus que des procès d'intention. Leur "bureaucratisme", leur "contre-productivité"**, leur caractère a priori pénalisant face aux compétiteurs mondiaux* ... des chiffons rouges chimériques ? Pierre-Henri Leroy, Administrateur d'E&I invite à pousser la réflexion plus loin  : Vers un autre « ordre mondial » ? Lequel ? Que faire pour y participer intelligemment, afin que ce qui sortira du désordre/sabordage actuels soit transformé positivement, orienté en vue d’un résultat («un nouvel ordre mondial?») compatible avec nos valeurs d’investisseur engagé, responsable : quels textes (régulation) et pratiques (outils, métriques et praxis) renouvelés devrions-nous discerner et promouvoir ?

 

Courage, ne fuyons pas trop vite...

 

Dans une tribune publiée par l'Agefi datée du 27 mars dernier, Pervenche Bérès (présidente de l'AEFR association Europe-Finances-Régulations) et Nicolas Mottis, professeur à Polytechnique avertissent : "Détricoter les règles sur la finance verte est une fausse bonne idée".

 

"Il est naïf de croire en une autosuffisance présumée des marchés dans leur fonction d’allocation des ressources, indépendamment de toute éthique" écrivait en 1987 le Pape Jean-Paul II dans sa Lettre Encyclique « Sollecitudo rei socialis »...  "Les marchés ont besoin de directives solides et fortes, macro-prudentielles aussi bien que normatives, qui soient uniformes et partagées par le grand nombre" dont les "règles doivent aussi être continuellement mises à jour, vu la réalité même des marchés constamment en évolution" constate un autre texte du Vatican faisant autorité, Considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel. Ainsi, la réflexion proposée le 28/4/2025 par E&I tombe-t-elle à point nommé : l'idéologie dominante, derrière les appels au "laissez-faire" actuels sont une résurgence. Celle d' "un égoïsme aveugle (...) limité au court terme ; faisant fi du bien commun, il exclut de ses horizons la préoccupation non seulement de créer mais aussi de partager la richesse et d’éliminer les inégalités aujourd’hui si aiguës." Certes, "il revient d’abord aux opérateurs compétents et responsables d’élaborer de nouvelles formes d’économie et de finance dont les pratiques et les règles visent le progrès du bien commun ainsi que le respect de la dignité humaine" rappelle le texte du Vatican. Et aussi, qu'il appartient "à tout-un-chacun, de participer à cette fin aux réalités du monde." De même, plusieurs éthiciens le soulignent, par exemple D. Bonhoeffer : " Ce n’est que dans la participation à la réalité que nous avons part au bien".

 

Il est crucial d’être de "ceux qui contribuent à un ordonnancement interactif et évolutif des règles et à une harmonisation des valeurs autour de l’esprit qui les inspire" professait avec une belle hauteur de vue la juriste et philosophe Mireille Delmas Marty***. La tâche est colossale, c'est "l'affaire de tous". Mais, comme dit un proverbe fameux : "qui ne tente rien... n'a rien". Alors, restons unis pour continuer de réfléchir, de nous former, d'interpeller entreprises et pouvoirs publics : les principales missions d'E&I depuis sa fondation. Prochaine soirée-débat : le 25/11/2025/

 

 

Michèle Royer,

chargée de mission d'E&I

 

 

* source : Rapport Drahi

** source : Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe in Les Echos du 30 janvier 2025 p.06, article intitulé : "L'Europe doit être être un peu plus carnivore" (vis à vis des autres Nations, nos compétiteurs...)

*** source : Mireille Delmas Marty, Entre les règles et l'esprit des règles, 2021 https://shs.hal.science/halshs-03494395v1

 

 

 

 

 
Mis à jour le 29/07/2025
Plutôt que se contenter d’entériner le passé, oser la réflexion à long terme

Plutôt que se contenter d’entériner le passé, oser la réflexion à long terme

 

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Souvent, la comptabilité est comparée à un coup d'œil dans un rétroviseur.
« J’ai toujours eu le sentiment que la comptabilité n’était pas d’abord faite pour analyser le passé mais plutôt pour prévoir l’avenir* ». A la faveur d'échanges avec ses pairs, lors de rencontres dont Nicole Reille n’était pas avare, elle en arrive à concevoir « Pour répondre à leur demande (…) un programme informatique qui permettait de faire rapidement la projection démographique d’une Congrégation sur 25 ans et d’y adosser les paramètres permettant de mesurer l’état des recettes et des dépenses de fonctionnement sur la même période ». La PLT, « Prévision Long Terme » aujourd’hui encore dispensée par E&I est née !

 

Nouveauté : l’Association Éthique & Investissement (E&I) s’appuie depuis mai dernier sur Corref & Cie pour déployer auprès des congrégations accompagnées dans le cadre de ses missions spécifiques, notre outil de prévision de long terme (PLT). Cet outil destiné -dès l'origine- aux communautés/congrégations religieuses répond à la question : « avons-nous assez d'argent pour assurer durablement la vie des membres de la Congrégation et sa mission ? ». Il a été mis au point par Sr Nicole Reille, notre fondatrice, puis perfectionné pendant 15 ans par Pierre Arquié (ancien DAF de la congrégation ND des chanoinesses de St Augustin, membre du conseil d'administration d’E&I).

 

Sachant maintenant que Corref & Cie intervient auprès des congrégations en fin de vie et que, dans ce cadre, ses missions d'audits et d'accompagnement peuvent la conduire à avoir besoin de connaître et/ou utiliser cet instrument, E&I l’a mis à sa disposition, aux termes d'une Convention. Car il peut répondre au besoin précis de ces congrégations qu'elle accompagne, qui ne sont plus, par définition, aptes à se former auprès d’E&I directement ni à se doter par elles-mêmes de cet outil. Il a fait ses preuves depuis son invention par la fondatrice d’E&I en effet.

 

A noter, pour les congrégations encore autonomes qui choisiront de s’en doter Pierre Arquié continuera de dispenser la formation à la PLT et de les accompagner. Pour elles, les inscriptions à la PLT diffusée par E&I, via les services assurés fidèlement par Pierre Arquié depuis plusieurs décennies maintenant, seront ouvertes comme de coutume ! A suivre ici

 

* Nicole Reille, Croquer la vie à pleines dents, 2010

 

 

Michèle Royer

chargée de mission

 
Mis à jour le 21/07/2025

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