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Tirer au clair ce que l'innovation en finance peut apporter à l'épargnant et à l'économie

Tirer au clair ce que l'innovation en finance peut apporter à l'épargnant et à l'économie

 

Bruegel La chute d'Icare

 

Impérieuse nécessité, par les temps actuels ! Notre soirée-débat du 15 avril dernier invitait à "soulever le capot", tenter de comprendre la mécanique d'instruments financiers, souvent présentés comme "innovants", toujours alléchants. Du moins, de prime abord. Tout nouveaux, tout beaux les produits naguère réservés aux investisseurs professionnels rendus accessibles à l'épargnant*, miraculeusement ?

 

A cette fin, l'introduction au débat a pris son envol avec la relecture d'un tableau fameux, proposée par le Président de notre association, La Chute d'Icare selon Pieter Brueghel l'Ancien. Connu pour pratiquer une forme de "hiérarchie inversée" dans ses toiles, où le sujet principal est "noyé" dans un vaste paysage qui le ferait presque perdre de vue, ce peintre du XVIe s. montre le fils de Dédale, réchappé du labyrinthe, victime de son ambition : se croire à l'égal des oiseaux alors que ses ailes emplumées, collées à la cire pour lui permettre de s'évader du labyrinthe conçu par son père, n'était qu'un artefact temporaire. Résultat de son discernement inapproprié : sa chute, dans un coin quasi-obscur du tableau, et dans l'indifférence des autres personnages, absorbés par leurs propres taches. C'est un peu ce qui risque d'arriver aussi aux épargnants mal informés ou tentés de rivaliser avec les investisseurs professionnels.

 

Si les avancées techniques, scientifiques, économiques et financières augmentent notre puissance, sans vigilance, elles peuvent servir à fortifier la domination, l’indifférence ou la violence plutôt que la dignité.

 

Tout nouveau, tout beau ?

 

Peu avant qu'éclate la crise dite de 2008, des innovations financières ayant pour nom titrisation, produits structurés, subprimes, trading à haute fréquence ou encore effet de levier ont foisonné ; aujourd’hui elles refont florès, sous les atours des cryptomonnaies, les habits neufs des sociétés d'acquisition à vocation spécifique (SPACs), des reventes à soi-même (!) via des fonds de continuation, la démocratisation du "Private Equity" promue par la loi Industrie Verte à travers des fonds jusqu'ici réservés aux investisseurs institutionnels (ELTIF)... Quels risques pour l'épargnant non professionnel ? A qui/quoi profite la valeur ainsi créée ?

 

Lors de notre soirée-débat du 15 avril 2026 sur les « Nouveaux produits financiers, utiles ou non à l’économie et aux épargnants », Gérard Ampeau a présenté les aspects positifs et négatifs de certaines innovations financières, comme les SPACs (Société d’Acquisition à Vocation Spécifique). Ces sociétés sans activité opérationnelle (d’où leur nom de « coquille vide »), parrainées par des personne connues, lèvent en effet des fonds en vue d’acheter une ou plusieurs entreprises privées et ainsi la/les rendre cotée(s) sans passer par une procédure d’introduction en bourse classique. C'est commode, car plus rapide et moins onéreux que le circuit obligé d'un candidat demandant son entrée en bourse selon les voies prévues à cet effet. Si cette tactique peut s'avérer utile pour maintenir le nombre de sociétés cotées en Europe, actuellement en diminution, elle peut aussi servir à illusionner des particuliers qui rêvent d’accéder à des segments de marché autrefois réservés aux professionnels.

 

Marielle Cohen-Branche a partagé son expérience en tant que médiatrice de l'autorité des marchés financiers, évoquant la crise financière de 2008 et les techniques de titrisation qui ont contribué à cette crise. Elle a ainsi décrit le phénomène de la finance de l’ombre (shadow banking) à savoir comment des fonds comme ceux de Blackrock se sont mis à financer directement l'économie, et ce, dans le contexte d’une régulation devenue plus stricte imposée aux banques. Aujourd’hui, certains de ces fonds de dette privée ont commencé à limiter leurs remboursements, ce qui inquiète les investisseurs et soulève des questions sur une possible porosité avec le système bancaire traditionnel. Elle a également partagé ses observations sur les produits structurés, expliquant que de nombreux produits manquaient d'informations complètes sur les scénarios de perte potentielle et que souvent les garanties en capital n'étaient pas « totales » mais de simples "protections". Elle a insisté sur la nécessité de ne pas se contenter de lire les documents commerciaux, mais aussi juridiques les concernant avant de se lancer dans ces nouveautés du marché pour en apprécier tous les risques, mot à mot car, pour le commun des mortels, leur sens peut être piégeux. Et aussi, d’évaluer l’intérêt pour un particulier, par nature davantage protégé qu’un investisseur professionnel (cf l’issue de la crise des Surprimes, par exemple) dans notre société, actuellement, de ne pas s’aventurer à la légère hors des placements qui leur sont de longue date destinés. 

 

Pierre-Henri Leroy de son côté, s’est ému du fait que la plupart des produits financiers proposés aux épargnants étaient menacés par trois risques types :

  • l’abus de bien social soit par les dirigeants des sociétés dans lequel l’argent est investi (cf les affaires Wendel, Renault de Carlos Ghosn, Orpea…) soit par les sociétés de gestion (à la faveur de frais de gestion abusifs par exemple) ;
  • la dilution (qui réduit mécaniquement le montant du bénéfice par action) organisée, escamotant le droit préférentiel de souscription accessible aux actionnaires en place, en principe, pour en favoriser d’autres, assortie d’une redistribution des droits de vote inégalitaire, et ce, au détriment des « petits porteurs » (cf les affaires LVMH, Altice...) ;
  • la tromperie volontaire ou involontaire sur la marchandise (cf les affaires Crédit Lyonnais, Dexia, Carmat, Atos...). Il estime que l’organisation française des marchés privilégie dans sa gouvernance les émetteurs aux dépens des épargnants et observe que les gérants sont les employés, très souvent, de filiales d’un groupe bancaire associé aux « coupables », ce qui expliquerait selon lui que, malgré le nombre de scandales boursiers et de petits porteurs ruinés, peu de gérants français se sont engagés dans des contentieux pour récupérer des fonds pour leurs clients, même lorsqu’il y a eu condamnation pénale des personnes à l’origine de leurs déboires (Madoff, Nissan, Casino).

 

On l'a entendu, chausse-trappe, non-dit ou au contraire, les mots à double sens pullulent ! Sans parler des sigles, anglicismes et autre aléas du jargon en la matière... 

 

"Soulever le capot"

 

Lors de nos échanges du 15 avril qui ont animé cette soirée-débat sans tabou, l'importance de "soulever le capot", autrement dit, de se méfier des boîtes noires rutilantes est plusieurs fois revenu sur le devant de la scène. Pour autant, l'exercice n'est pas simple, et pour cause : face à certaines pratiques commerciales dans la banque et l’assurance, leur régulateur (en l'occurrence l'ACPR) dénonce des produits financiers peu utiles et appelle à plus de transparence, titrait un article de ZoomInvest citant l'Agefi le 1er avril dernier. Un avertissement à prendre très au sérieux, par les temps qui courent. Sans promettre de répondre à tous les défis en deux heures, notre association a su attirer l'attention sur une prise de conscience préalable, d'actualité, qu'elle n'est pas seule à objectiver.

 

De graves interrogations que nous sommes quelques-uns à pointer


En général les "innovations financières " prennent les épargnants, le "Retail", pour des pigeons écrit Benoît Granger, conseiller scientifique de FAIR dans un post Linkedin en date du 18 avril dernier. Le jour suivant, même réseau, Christophe Nijdam (La Finance pour tous) enfonce le clou : «Avoir autorisé des ETFs (cotation quotidienne en continu) de Dette Privée (illiquide par nature) est irresponsable et dangereux pour la stabilité financière mondiale». Et ce, explique-t-il «par effet de contagion via les cordons ombilicaux qui relient les banques au "shadow banking" (lignes de "back-up", "repos", CDS pour les fonds "synthétiques" de dette privée, placements dans ces fonds de dette privée via les filiales d'assurance-vie des banques universelles, etc.)». L’étude de FranceInvest sur l’activité des fonds de dette privée en France, avec Deloitte constate leur fort développement, note que «En 2024, 53 % des opérations réalisées en France* présentent un ou plusieurs indicateurs ESG, les  véhicules pointés du doigt peuvent porter le titre de "SLL (Sustainability Linked Loan)" ». Tentant donc, pour l’investisseur ayant un profil sensible à cette dimension, alors exposé comme Ulysse au chant des Sirènes dans l'Odyssée d'Homère? 

Fondamentalement, dans cet exemple d'actualité, si l'on prends le temps d'y regarder d'un peu plus près, Il y a contradiction dans les termes : cotation quotidienne continu s’agissant des ETFs en question vs illiquidité par nature de la dette privée concernée... Christophe Nijdam de demander alors : «Quand mettra-t-on en place une Autorité pour autoriser les soi-disantes "innovations financières", comme on le fait avec les Agences pour les Médicaments, avant qu'elles ne soient commercialisées et distribuées aux épargnants particuliers qui sont toujours les "dindons de la farce" quand on souhaite "démocratiser" (en fait, déverser) des produits financiers complexes toxiques inadaptés à la clientèle "retail"?»*


Réflexion à poursuivre : qui a le Mistigri ?

 

Par conséquent, notre thème de soirée-débat est tombé à pic : vigilance SVP si ces innovations sont en vos portefeuilles (à votre insu ? ou de votre plein gré, en connaissance de cause ?) ou vous tentent. Comme indiqué dans le document remis aux participants : "Si vous ne comprenez pas, n'achetez pas. Avant d'investir, il importe de ne pas faire l'économie de la réflexion".

 

Approfondissement, à venir ! Prochaine étape : passez en revue la liste de vos placements ... Et manifestez auprès de notre association vos sujets préférés pour des ateliers éthiques d'approfondissement. Dans la mesure de nos moyens, nous tâcherons d'y répondre en priorité. Merci de votre soutien et de votre intérêt pour une finance au service d'une économie plus humaine.

 

Jérôme Courcier, Pdt d'E&I
Michèle Royer, Déléguée Générale d'E&I

 

* cf évolutions à l'étude, au plan européen, dans le cadre d'une volonté d'unifier les marchés des capitaux, notre onglet "Fiches Pratiques".

 

Pour en savoir plus : à propos du tableau introduisant le thème de notre soirée-débat cf post sur LinkedIn https://www.linkedin.com/posts/hier-soir-lassociation-ethique-et-investissement-share-7450442291858583552-TTRt?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAADz3u3IByapITAsogifdm20RSxUbJTmO1EU

 

 

 

 
Mis à jour le 26/04/2026
Les indices boursiers Morningstar-IOR sont-ils "réglos" ou "cathos"?

Les indices boursiers Morningstar-IOR sont-ils "réglos" ou "cathos"?

 

andsproject-girl-8435329_1280 ANDRI TEGAR MAHARDIKA de Pixabay

 

Mi-février 2026, l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), communément appelé « banque du Vatican » et Morningstar, ont annoncé lancer deux indices actions : un pour les sociétés cotées en Europe et l’autre pour les entreprises des États-Unis.  Chacun regroupe 50 entreprises jugées "pleinement conformes aux principes de l’éthique catholique".


Pour sélectionner les compagnies susceptibles de faire partie de ces indices, l’IOR a défini une politique d’investissement, conforme à la Doctrine sociale de l’Église (DSE). Une politique reposant sur 4 piliers : la sainteté de la vie humaine, le respect de la vie humaine, la protection de l’environnement et la lutte contre les dépendances. A cela, les auteurs de cette politique ont ajouté une « grille d’exclusion » supplémentaire, découlant de l’application de la responsabilité sociale et de la durabilité, en se référant aux 10 principes du Pacte mondial des Nations Unies (GlobalCompact). La Banque du Vatican décline ces principes en une vingtaine d’exclusions sectorielles reprenant peu ou prou celles du document de travail « Mensuram Bonam » publié en 2022 par l’Académie vaticane des sciences sociales. Ne font ainsi pas partie de l’univers des indices Morningstar IOR les entreprises impliquées dans les techniques abortives, la contraception, les cellules souches, les armes controversées ou légères, le charbon, le pétrole et le gaz, l’expérimentation animale, l’huile de palme, le crédit prédateur les addictions telles que l’alcool, le tabac, le jeu et la pornographie, ou ne luttant pas suffisamment pour la protection de l’environnement et contre le blanchiment et le terrorisme.


L’application de ces filtres a priori pose de nombreux problèmes techniques. Tout d’abord il faut déterminer s’ils s’appliquent uniquement aux entreprises qui utilisent ou produisent les produits considérés ou encore, à celles qui les commercialisent, voire aux banques qui les financent. Beaucoup d’observateurs ont ainsi été surpris de trouver dans les principales positions de l’indice Morningstar IOR américain une entreprise comme Amazon qui, si elle ne produit pas directement les articles mis à l’index par le Vatican, commercialise à peu près tout, y compris des armes, des produits contraceptifs et de la pornographie. De même, certains se sont étonnés de voir figurer dans l’indice Morningstar IOR européen des établissements bancaires peu regardants sur le financement de secteurs expressément exclus, comme l’exploration-production-commercialisation des énergies fossiles.

 

 

Une éthique catholique à géométrie variable, d'après les indices qui s'en réclament...

 

 

Ensuite s’il est relativement aisé de délimiter les pourtours de beaucoup des secteurs considérés, il n’en va pas de même pour certains d’entre eux, comme l’armement. En France, au-delà des 9 entreprises spécialisées (Airbus, Dassault Aviation, Thales, Safran, MBDA, Naval Group, KNDS France, Ariane Group et Arquus) la moitié des entreprises du CAC 40 propose ses produits et services aux forces armées, ce qui rend difficile la distinction entre civil et militaire. Certains des drones iraniens Shahed-136 récemment utilisés en Ukraine par les forces russes sont dotés d’un module Nvidia Jetson Orin capable de détecter, prioriser et engager des cibles sans intervention humaine. Dans les opérations actuellement menées en Iran, l’armée américaine utilise massivement l’intelligence artificielle pour synthétiser de vastes quantités de données afin d’identifier des cibles viables et de mener des milliers de frappes de manière quasi simultanée. Dans ces conditions, il est surprenant de constater que la banque du Vatican intègre dans l'univers d’investissement de ces indices des entreprises comme Meta ou Nvidia.

 

 

Indices surperfétatoires ou bien, qui comblent un vide ?

 

Enfin, les indices Morningstar IOR ne sont pas les premières références boursières basées sur des valeurs catholiques. En 2015, le S&P Dow Jones et la Conférence des Évêques Catholiques des États-Unis (USCCB) ont lancé le S&P 500 Catholic Values Index. Ô surprise, les critères d’exclusion des évêques américains ne sont pas les mêmes que les critères d'exclusion émis depuis le Vatican. Ils n’excluent ainsi pas explicitement les entreprises participant de près ou de loin à la peine de mort, aux abus ou expérimentations sur les animaux, aux jeux et jouets informatiques déshumanisant, à la corruption, aux violations des droits des peuples autochtones et aux manipulations génétiques. A contrario, l’USCCB s’oppose explicitement à la fécondation in vitro, au clonage humain, à l’inaccessibilité de certains médicaments ou vaccins, à la traite des êtres humains et au travail forcé, à la négation de l’identité sexuelle, aux médias qui ne favorisent pas la dignité humaine, aux adversaires de la RSE, aux institutions financières non inclusives, à celles qui ne pratiquement pas l’investissement à impact, et aux entreprises technologiques qui ne favorisent pas la dignité humaine... L’éthique catholique serait-elle à géométrie variable ?

Selon le Guide pratique pour un investissement intégral publié en 2024 par  l’Association Ora et Labora, l’éthique catholique est « une visée, un discernement, une prise de conscience, la capacité à procéder à un jugement critique, puis à être volontaire et à s’engager dans l’action ». Cette force intérieure ne peut se contenter, en matière de choix de placements, d’une liste "extérieure" de secteurs réputés non conformes à la DSE, mais doit prendre en compte l’ensemble des engagements, des politiques et des résultats en matière environnementale, sociale et de gouvernance des entreprises.

 

En Mt 9, 9, il est dit que « Jésus […] vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit ». Là où tout le monde voyait une catégorie professionnelle méprisée (Matthieu travaillait alors pour le compte de l'empire romain), un secteur d’activité honni, Jésus a vu un être humain, créé à l’image de Dieu et susceptible de s’efforcer de lui ressembler. Telle est la bonne nouvelle.

 

 

Jérôme Courcier,

Président d'Éthique et Investissement

 

 
Mis à jour le 30/03/2026
Abondance de biens ne nuit pas ?

Abondance de biens ne nuit pas ?

 

hands-8789690_1280Leo de Pixabay

 

Des Mages, réputés Sages, au terme d’un périple incertain déversent, dans une étable, la myrrhe l’or et l’encens, pour honorer... un enfant : curieux périple, dans un but saugrenu ? Drôle d'aventure et d'usage des richesses de ce temps ; voilà ce que la traîne des fameux Rois Mages m'inspire, à chaque fête de l’Épiphanie.

 

Une autre énigme me revient en mémoire, liée là encore à un "pactole" embarrassant : et si le « Disciple préféré » de cet enfant une fois adulte, le récurrent et si discret "Disciple que Jésus aimait" surgissant de-ci de-là dans les Évangiles, sans jamais être nommé, était le jeune notable juif qui avait de grands biens (Mc 10-17)? "Qui est-il, enquête Nicole Reille, dans un texte inséré en annexe de son autobiographie, "Croquer la vie à pleines dents" (2010)? Mystère. Un jeune homme, dit Matthieu. Un notable, dit Luc. Un anonyme pour Marc. Le 4eme évangile n'en parle même pas (...)". Une seule chose lui manque "Vas, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens et suis-moi. (...) A cette parole, le jeune homme s'assombrit et s'en alla tout triste car il avait de grands biens. Quel combat intérieur pour ce jeune homme ! Comment ne pas perdre la face ? Comment liquider ces biens qu'il tient de sa famille comme un précieux héritage, lui qui encore jeune n'a pas pu encore gagner sa vie au point d'avoir pu les acquérir par lui-même ? Ce jour-là le jeune notable rentra chez lui avec son désarroi".

 

Trouver la juste distance par rapport à "ses" biens ...

 

Or, plus tard, c'est à lui que les disciples chargés des préparatifs de la dernière Pâques, la Cène, s'adressent pour disposer tout naturellement de "la salle haute de la belle Maison" avec sa table garnie, où ils sont tous accueillis sans façon par le propriétaire. "Nul doute qu'au sein de la première communauté chrétienne, le disciple que Jésus aimait a su trouver la juste distance par rapport à ses biens (...) Ce fut cela, pour lui, suivre Jésus" relève-t-elle.

 

L'expérience du travail -concrète, humaine- de ce dernier, son insertion dans l'économie de son époque, donnent lieu à une séquence instructive du Parcours d'initiation (3 séances) proposé par Le Christ Vert.

 

Parmi les nombreux thèmes abordés lors du Parcours en trois séances que j'ai suivi, peu avant Noël et l'Épiphanie, celui de l’économie et de la finance nous interpelle tout particulièrement chez Éthique et Investissement (E&I) avec, bien sûr, la problématique « Mettre l’économie au service du bien commun ». 

 

"Entre idées et réalité, il y a toujours un chemin à faire ; ce réseau propose d’avancer en 4 étapes : s’informer et se documenter ; rencontrer des acteurs de terrain ; identifier ses résistances ; prendre des résolutions" estime Chantal Arnaud, Administratrice d'E&I (cf son article dans la Lettre semestrielle de janvier 2026) en découvrant ce Parcours. Le Père Étienne Grenet consacre à l'économie, au travail, un éclairage intéressant : l'une des premières occurrences du mot sagesse* dans les Écritures apparaît, met-il en exergue, liée au geste de l'Homme au travail ; c'est par ce "canal" qu’elle va influencer (ou pas) le monde, souligne-t-il. Et avant sa vie publique, bien plus courte que sa vie "active" rappelle-t-il : « Jésus s’est inséré dans l’économie, en tant que charpentier avec son père : ouvrier ou petit patron de PME ?  Peu importe», l'essentiel est ailleurs ...

 

Productrice de richesses (dans le meilleur des cas), l'économie a une fonction

 

« Comment mon travail fait-il fructifier la Création » est la question de ce Parcours qui a le plus retenu mon attention, elle y est évoquée de manière lumineuse et documentée m’a-t-il semblé. Avec son corollaire : combattre le travail déshumanisant. Il est reconnaissable comme tout ce qui altère en vérité nos liens (dilution des responsabilités dans des segmentations en chaîne hors de contrôle ; digitalisation de nos vies ; financiarisation de l’économie, sans garde-fous…).

Idem suis-je tentée d’extrapoler, en tant qu’épargnant/investisseur -car ne dit-on pas que l’argent « travaille »-, la question devient alors : l'argent est "placé" oui, mais pour qui/quoi, comment, à quel prix ? C'est ce genre de considérations qui préside aux décisions prises pour le fonds NS50 lors de nos Comités réguliers.

 

Sans oublier le « travail sur soi » adressé à chacun(e), scandé tout au long du parcours proposé.

 

Préférer la communion à l'accumulation pathologique

 

De la parabole de l'homme qui, engrangeant de plus grandes moissons qu'il ne pouvait en stocker, n'avait d'autre obsession que d'agrandir sa propriété indéfiniment, illusion d'immortalité à la clé, il tire cet avertissement : se défier d’une pseudo-sécurisation par l’accumulation, qui est un usage pathologique des nécessaires biens de ce monde, signe d’angoisse face à notre finitude. Finitude mal comprise, signale Etienne Grenet.

 

Hier, à l'occasion de l'Épiphanie, clôturant le Jubilé (2025), au Vatican, Léon XIV, a mis en garde contre "une économie faussée" :  «Oui, a-t-il affirmé, les Mages existent encore. Ce sont des personnes qui acceptent le défi de risquer chacun son propre voyage, et qui, dans un monde tourmenté comme le nôtre, repoussant et dangereux à bien des égards, ressentent le besoin d’aller, de chercher».

 

«Autour de nous, poursuit le Pape, une économie faussée tente de tirer profit de tout» et de déplorer : «Nous le voyons: le marché transforme en affaires même la soif humaine de chercher, de voyager, de recommencer». Tirer profit de tout, une injonction insatiable.

 

Visage impassible (si ce n'est un léger sourire, peut-être), non blasé assurément, l'Enfant accueille les Mages et leurs présents un peu... "too much" : n'y aurait-il pas là comme l'expression d'un décalage, d'une distance exemplaire... A conserver précieusement en tête, face aux richesses matérielles qui peuvent s'offrir à nous ; ou nous passer sous le nez... ? 

 

Bonne année 2026 !

 

Michèle Royer

Déléguée Générale d'E&I

 

 la première occurrence du mot sagesse dans les Écritures apparaît en Ex 28, 3 "Toi, tu t’adresseras à tous les artisans habiles, ceux que j’ai remplis d’un esprit de sagesse".

 

 
Mis à jour le 07/01/2026
Financer l'armement, une réflexion d'actualité

Financer l'armement, une réflexion d'actualité

 

 

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En l'occurrence investisseur/épargnant, peut-on distinguer “le juste” de ”l'injuste", le civil du militaire et le public du privé ? Notre association a organisé une soirée débat ouverte à tous, sur inscription préalable, le 25 novembre dernier pour un éclairage sur ces trois aspects de la question. Elle s’est tenue à Paris et en visio, avec en introduction, une relecture du tableau de Delacroix “Combat du Giaour et du Pacha” d'après Lord Byron (ci-dessus). 

 

Trois intervenants, trois points de vue pour éclairer une question épineuse

 

Bernard Bourdin, Dominicain, a ensuite proposé son analyse, en 3 étapes, de la doctrine de la « guerre juste » dans la tradition chrétienne. Pour St Augustin, afin d’être qualifiée de juste la décision d’entrée en guerre est du seul ressort du chef de l'État, repose sur une juste cause -se protéger d'une agression)- avec, pour but, le retour à la paix. St Thomas d’Aquin reprend ces conditions en précisant que la guerre doit viser à faire triompher le bien commun et non des causes cachées. Enfin, Francisco de Vitoria étend le concept aux diverses manières de combattre dans le contexte de la conquête par les Espagnols du Nouveau Monde et des massacres qui y sont perpétrés. Pour Bernard Bourdin, la guerre totale moderne posant des questions éthiques complexes, un renforcement de la réflexion sur le droit de défense des peuples est préférable au fait de réduire la guerre au simple niveau technologique ou de la rejeter complètement.

 

De son côté, ingénieur en chef de l'armement, Guillaume Houël détaché à l'Occar, a présenté une discussion sur la distinction entre les technologies civiles et militaires, expliquant comment ces 2 domaines s'imbriquent de plus en plus dans les systèmes modernes. En utilisant l’exemple du drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), il a tout d’abord évoqué le fait que la frontière civil/militaire s’efface dans les faits puisque les systèmes modernes mêlent indissociablement composants civils et finalités militaires et les entreprises qui les conçoivent fonctionnent elles-mêmes en logique duale. Pour lui, cette hybridation n’est pas seulement technique mais industrielle puisque ce n'est plus le militaire qui irrigue le civil, mais les technologies civiles qui conditionnent aujourd'hui la supériorité opérationnelle. Enfin, il a insisté sur le fait que cette dualité devient un instrument de puissance stratégique dans la mesure où d’une part le contrôle technologique sert de levier économique et politique (cf. la réglementation ITAR américaine) et d’autre part les conflits hybrides montrent comment des moyens civils sont utilisés pour produire des effets militaires tout en restant sous le seuil de la guerre ouverte. Selon lui, la question éthique ne peut donc plus se limiter à l'objet technologique mais doit se concentrer sur sa finalité et ses utilisateurs.

 

Enfin, Directeur de la gestion cotée chez Mirova, promotrice de "Defense Bonds" dans un "position paper" paru en juin 2025, Hervé Guez a analysé le financement de l'industrie de la défense dans le contexte de l'investissement responsable, expliquant les défis posés par la distinction entre armes interdites et/ou controversées. Il a souligné que les politiques d'exclusion ESG actuelles ont eu relativement peu d'effet car les grands groupes industriels cotés ont des ressources suffisantes pour ne pas avoir besoin de financement privé. Il a néanmoins proposé la création d'un mécanisme d'obligations de défense européennes pour contrôler la finalité des financements, reconnaissant que la souveraineté nationale complique la mise en œuvre d'un cadre européen unifié.

 

Géopolitique, droit international, technologies... les questions des participants 

 

Les échanges avec la salle ont élargi le cadre de réflexion. D'abord, celui de la transformation du contexte géopolitique ; plusieurs participants ont ainsi souligné que le droit international, déjà fragile, semblait aujourd’hui reculer face à la résurgence de grandes puissances impériales – Russie, Chine, États-Unis notamment – et à leurs stratégies de domination. D'où, des "casus belli" inédits, voire inopinés : leurs nature, forme, identification et en particulier, la distinction entre "agresseur" vs "agressé" changent, ne vont pas de soi. 

 

La discussion a porté sur l’évolution des conflits rendue possible par les nouvelles technologies ; les guerres hybrides, le détournement d’objets du quotidien à des fins militaires, les guérillas (qui viennent gommer la distinction armées de métier / population civile), le développement d'armes de plus en plus « autonomes » (des drônes de surveillance guidés à distance aux drônes « tueurs ») ont été évoqués comme autant de facteurs remettant en cause les formes « classiques » des conflits armés.

 

Dans ce contexte de profondes mutations des situations bellicistes, peuvent aiguiller la réflexion du "citoyen éclairé" sur un sujet aussi complexe les informations rendant compte de : la finalité des armements, leurs conditions d’emploi, la responsabilité politique qui encadre l’usage de la force. Notamment, Investir dans la défense peut alors relever, selon les situations, d’un renoncement assumé ou d’un devoir civique, dès lors que défendre sa souveraineté et ses valeurs est en jeu.

 

En tout état de cause, les nombreux échanges ont montré qu’un financement responsable de la défense ne pouvait être pensé indépendamment d’une réflexion plus large sur ces nombreux, la liste n'étant pas exhaustive, aspects connexes.

 

 

 

Jérôme Courcier, Pdt d'E&I et Christine Ceza, juriste, bénévole d'E&I

 

 
Mis à jour le 23/12/2025
1975-2025 Oikocredit, acteur mondial de la finance solidaire responsable

1975-2025 Oikocredit, acteur mondial de la finance solidaire responsable

 

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Membre d'Éthique et Investissement (E&I), Oikocrédit fête le 4 novembre prochain ses 50 ans. "50 ans d'impact, une finance qui change les vies" relate, à son sujet, le site L'Infodurable. La solidarité, notamment internationale à travers des placements financiers fait partie des valeurs qui animent les membres originels et actuels d'E&I.

 

Dans son livre "Pour une Économie du bien commun" (éd. Dunod, 2022), Christian Felber présente Oikocredit comme "une organisation internationale de crédit fondée en 1975 qui se concentre sur les microcrédits et les crédits sur projet qui concourent au développement, dans des pays à faibles revenus".

 

C'est une coopérative européenne spécialisée dans la finance solidaire, d'origine néerlandaise, mais également implantée en France. Oikocredit se finance auprès de particuliers et d’institutionnels (majoritairement chrétiens) sous la forme de placements (labellisés Finansol et ESUS) qu'elle utilise pour prêter ou investir en capital dans des activités productives à fort contenu social. Et elle s'efforce de le mesurer, pas de l'affirmer seulement. En atteste notamment une enquête qu'elle a diligenté auprès de ses récipiendaires ! C'est dire le sérieux de son engagement, de nos jours, où les effets de com' et "de manches" sont hélas trop souvent la "norme"...

 

 

D'hier à aujourd'hui

 

En 1975, une coopérative de finance solidaire à vocation internationale voit le jour aux Pays-Bas sous le nom de Société Œcuménique de Développement (elle devient Oikocredit en 1999) pour venir en aide aux populations les plus démunies à l’échelle mondiale en leur octroyant du microcrédit, retrace Stéphane Pisani dans les Cahiers de Recherche Philab (juin 2021, Montréal). L'activité de microcrédit était majeure à l’origine d’Oikocredit, aujourd’hui, le champ d’action de la coopérative est plus large, incluant des financements dans l’agriculture durable, les enjeux climatiques et l’accès à l’énergie, notamment auprès des femmes dans le monde rural, qui sont souvent les grandes exclues des milieux financiers. A date, Oikocredit finance près de 500 partenaires dans ces secteurs, grâce au soutien de près de 46 000 investisseurs, qui apportent plus d’un milliard d’euros. (Source : Rapport d’impact Oikocredit 2025). Un article Suisse, il y a peu, dresse une rétrospective tout à fait édifiante.

 

"Notre mission est d’améliorer la vie des personnes et de communautés à faibles revenus, tout en préservant l’environnement et en générant des rendements équitables. Nous investissons principalement dans 3 secteurs d’activité : l’inclusion financière, l’agriculture et les énergies renouvelables" à travers le monde. S'appuyant sur quelque 500 partenaires locaux à travers le monde, qui "sélectionnent et apportent leur expertise aux clients finaux (individus et PME)" Oikocrédit favorise l'accès de ces derniers au financement sous forme de prêts et de participation" mais aussi, "un soutien non financier (compétences, technologie et gouvernance)", détaille Maïna Guiner, responsable relations investisseurs, sur le site de FAIR (ex-Finansol) qui de longue date labellise la plupart de ses produits. 

 

Un enjeu toujours d'actualité

 

il s’agit, à l'international, de contribuer à « combler les écarts d’inégalité tout en démontrant que des investissements modestes, alliés à l’expertise communautaire, peuvent créer des opportunités durables pour ceux qui ont moins » sur cette planète. A quelques jours de fêter son jubilé d’or, avec l’événement "Impact Évolution" auquel vous êtes invités, à Rotterdam le 4 novembre 2025, cette institution cinquantenaire rappelle qu' «1 % les plus riches ont vu leur richesse augmenter de 33,9 trillions USD au cours de la dernière décennie, suffisamment pour mettre fin à la pauvreté 22 fois (source : Oxfam UK). Pendant ce temps, environ 3,5 milliards de personnes vivent avec seulement 6,85 USD ou moins par jour (…) De tels écarts d’inégalité érodent la confiance, approfondissent le ressentiment et polarisent les sociétés » 

 

Ce n'est pas une fatalité, si les investisseurs et investisseuses usent de leur pouvoir d'influence !


« Les investisseurs et investisseuses sous-estiment trop souvent le pouvoir d’influence qu’ils détiennent », explique Ramses Man, directeur de l’engagement des investisseurs chez Oikocredit. « Que vous épargniez pour la retraite ou gériez un portefeuille, votre argent façonne le monde qui vous entoure. Vous avez le pouvoir d’avoir un impact positif et il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour commencer. »

 

Vous vous demandiez pourquoi nous sommes partenaires ?

 

 

Michèle Royer

Déléguée Générale d'E&I

 
Mis à jour le 30/10/2025
Finance transformatrice ? Un documentaire à voir et revoir ...

Finance transformatrice ? Un documentaire à voir et revoir ...

 

labyrinth-4913643_1280Nicolas DEBRAY de Pixabay

 

Des image d'archive de Nicole Reille (1930-2012), fondatrice de l'association Éthique et Investissement (1983), ouvrent le film diffusé dimanche 31 août sur France 2 (10h-11h) et en replay bien sûr ! Ce documentaire de Claire Jeanteur intitulé Les Jardiniers de l'Économie "défriche" une question ardue, avec un enjeu majeur: "La Révolution responsable aura-t-elle lieu?"

Résultat, un film à la fois instructif et ludique. Grand public, sans être trop simpliste.

 

Pourtant, le gant n'était pas évident à relever : intéresser le public dominical à la finance, qui plus est "responsable", agissante, en vue d'une économie plus humaine... Soit, un sujet technique, réputé difficile, accessible aux seuls experts de l'ISR (investissement socialement responsable). Le voilà traduit dans un documentaire œcuménique sensible, compréhensible par le plus grand nombre finalement. Défi relevé ! 

 

"C’est l’histoire d’un combat méconnu aux enjeux planétaires avec ses pionniers, ses conflits, ses coups d’arrêt et ses reprises. Ce mouvement qui incite les entreprises à grandir dans leur responsabilité, où la finance se fait levier de transformation, n’est pas une utopie. Rencontres avec des femmes et des hommes engagés" prévient la réalisatrice, Claire Jeanteur. Contactée au moment où nous cherchions à célébrer, de plusieurs manières, les 40 ans de notre association en 2023, la documentariste a manifesté son intérêt, fait preuve d'une curiosité tenace, à la fois ingénue et ingénieuse. Dès origines à aujourd'hui le propos porté à l'écran est plutôt limpide.

 

Pour une économie plus humaine, des jardiniers d'un certain type... 

 

Historiquement, en Occident, les investisseurs religieux ont joué un rôle déterminant dans cette finance singulière, avant qu'elle ne prenne un essor laïc, bien plus large -d'où l'implication du Jour du Seigneur et de Présence Protestante en l'occurrence débouchant sur cette production.


La fondatrice d'Éthique et Investissement, Économe d'une congrégation née à Nancy (Notre Dame-Chanoinesses de Saint-Augustin) a encouragé la première agence de notation extrafinancière française (Arèse, Geneviève Férone), participé au FIR (Forum français pour l'Investissement Responsable), ce que le documentaire met, notamment, en lumière. Il se poursuit avec quelques-uns des fruits de cette histoire, dont la Loi française sur le Devoir de Vigilance (Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle), Le Campus de la Transition (Cécile Renouard) et plus largement l'activisme actionnarial porté par une pluralité d'ONG favorables à la transition écologique et sociale; ce sont autant de facettes de "l'économie responsable" que ce film illustre avec justesse. Et elles sont nombreuses, subtiles, un peu comme si.... "plusieurs chemins mènent à Rome". C'est pourquoi des témoignages fort divers ponctuent cette exploration, parmi lesquels ceux de :

 

Jerôme Courcier – Président d’Ethique et Investissement


Geneviève Férone – Fondatrice d’Arèse


François Faure – Agent général d’assurance, Prédicateur protestant, Président-Fondateur du RéseauCEP


Nicole Notat – Ancienne Secrétaire générale de la CFDT (1992-2002)


Dominique Potier – Député de Meurthe-et-Moselle, Président de l'association Esprit Civique


Cécile Renouard – Présidente du Campus de la transition

 

notamment. Ce film croise les regards de catholiques et de protestants engagés, de laïcs, dans un mouvement misant sur des comportements d'actionnaires/épargnants propres à "faire grandir" la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Un élan qui, naturellement, connaît des cycles plus ou moins "porteurs" comme l'actualité récente le rappelle, dont ce documentaire ne fait pas abstraction.

 

Au fil des saisons, tenir bon

 

Liés à cette vision de la finance et de la responsabilité effective de tout épargnant/investisseur, sans dogmatisme, les espoirs, les atermoiements également d'une transformation épique sont mis en évidence. Comme le résume la réalisatrice Claire Jeanteur : « J’aime l’idée que ce film soit comme un voyage au fil d’un mouvement qui, en visant à transformer l’économie, nous transforme également, nous rend plus conscients, plus responsable. Être responsable, c’est d’abord oser se poser les bonnes questions, savoir aussi renoncer au profit à court terme pour privilégier l’investissement à long terme».

 

Ce diagnostic et cette ambition sont au cœur de notre association depuis plus de 40 ans. Dont acte. Continuons de cultiver ensemble la réflexion, l'engagement, au besoin en nous formant. Une occasion de se ressourcer est fournie, grâce à ce film : bonne rentrée et continuation...

 

 

Michèle Royer

chargée de mission d'E&I

 

 
Mis à jour le 28/08/2025

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