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Les encours ISR européens ont atteint le chiffre symbolique de 1000 milliards d’euros. C’est ce qu’annonce une étude publiée par Eurosif le 12 septembre 2006. Cette enquête, réalisée dans 9 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse) évalue la part de l’ISR à 10-15 % des encours européens globaux. La France se situe au 4eme rang et se caractérise par le dynamisme de son marché et le rôle de l’épargne salariale.
LA PLACE DU MARCHÉ FRANÇAIS
Avec 8,2 milliards d’euros, la France représente 8% du marché européen du « core SRI » où elle se classe, en quatrième position après les Pays-Bas (41,5 milliards où domine l’exclusion éthique), le Royaume-Uni (30,5 milliards dont 22,5 milliards de sélection positive sur critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance) et la Belgique (9,5 milliards).
Deux spécificités françaises :
- la part importante de l’épargne salariale qui à fin 2005 représentait 1,29 milliards d’euros soit 14 % des encours
- l’intégration de critères extra-financiers dans la gestion concernait plus de 5 milliards d’euros d’encours alors que ce type de pratiques, au niveau européen représentait, 641 milliards d’euros. Cet écart s’explique par le nombre encore faible d’investisseurs institutionnels français recourant à ce type d’approche plus transversale.
La partie française de l’étude a été réalisée à partir des données Novethic
L’enquête réalisée par Eurosif, réseau européen de promotion de l’ISR, auprès des sociétés de gestion de neuf pays européens montre d’abord un développement important de l’ISR. Il a augmenté en moyenne de 36 % par rapport aux dernières évaluations de l’organisme qui datent de 2003. Cette moyenne reflète des situations très différentes selon les pays et selon la nature des pratiques ISR. L’étude distingue le « core SRI » du « broad SRI ». Le premier terme désigne les approches ISR les plus approfondies d’application de critères extra-financiers à la gestion : sélection des actions best in class ou application de filtres excluant certaines valeurs ou secteurs… Le terme « broad SRI » englobe non seulement le « core SRI » mais aussi des approches plus simples comme l’exclusion de valeurs sur un seul critère ou l’engagement auprès des entreprises. Les pratiques les plus exigeantes ne représentent que 100 milliards d’euros d’encours sur un plan européen soit 1 % des actifs globaux et elles occupent donc une part relativement stable du marché financier. Mais la situation est très différente selon les pays. Si des gros marchés comme la Grande Bretagne bougent peu (la part de « core SRI » s’y est maintenue à 1,2 %), l’Espagne elle s’est envolée avec une augmentation de près de 2000 %. Or, en 2003, Eurosif n’avait enregistré dans ce pays que 79 millions d’euros contre 1,5 milliards à fin 2005.
« Il est important de proposer à la communauté ISR, aux institutions européennes et aux gérants une étude de ce type» explique Jérôme Tagger, responsable du projet pour Eurosif « mais il est évident qu’elle recouvre de grandes disparités de pratiques. Notre première difficulté a été de définir le périmètre ainsi qu’un vocabulaire commun. Nous avons identifié plus d’une demi-douzaine de pratiques ISR différentes, ce qui témoigne de la diversité des pratiques et des innovations dans les stratégies d’ISR. Il s’agit d’un marché en pleine évolution.”
L’enquête met en avant les trois moteurs de croissance de l’ISR. Le premier c’est la conviction de la communauté financière que le modèle économique de l’ISR est crédible, le second la montée en puissance de réglementation incitant en particulier à plus de transparence et enfin le développement de l'intégration des dimensions Sociales, Environnementales et Ethiques (SEE) dans la gestion. Partout en Europe, ce sont les investisseurs institutionnels qui tirent un marché dont ils représentent 94 %. « La vente aux particuliers de fonds ISR reste marginale pa rapport aux volumes institutionnels, sauf en Italie où ils représentent 87 % du marché de l’ISR » précise Jerôme Tagger. Il ajoute « Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour mieux connaître les mécanismes de l’ISR et comment ils sont reliés aux cultures des marchés nationaux. » Il espère que la prochaine édition de l’étude permettra de comparer en particulier le marché européen à celui des Etats-Unis. « Aujourd’hui nos méthodologies sont encore trop différentes, mais nous avons fait un premier rapprochement grâce à cette étude. »
NOVETHIC
Anne-Catherine Husson-Traore
Mis en ligne le : 12/09/2006
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